Lettre à mes filles

Mes chères filles,

Eryn et Maëlys,

Vous êtes actuellement chez votre papa. Je sais que vous y êtes bien tout autant qu’ici. Et que cette pause vacancière nous fait du bien, comme un repos bien mérité après la frénésie de nos vies, nous voici dans une accalmie. Profitons, c’est bientôt de nouveau une rentrée. Je sais que je vous manque tout comme vous me manquez. N’ayez pas peur du manque. Joseph Rouzel disait que nous sommes fait en manque comme les pipes sont faites en bois. Ressentir le manque n’est pas une fatalité. Mais il est souvent normal quand nous changeons nos habitudes. Nous avons l’habitude de nous lever et de nous coucher ensemble. Toutefois, nous dormirons de nombreuses fois dans des lieux différents au cours de notre vie. Apprenons donc avec tendresse à saluer le monde, matin comme soir, sans se voir. Où que vous soyez, sachez que nous sommes reliées. Par cet amour si particulier que je veux synonyme de liberté..

Si je vous écris, c’est parce que nous avons tendance à avoir l’esprit plus clair avec de la distance. Chaque fois, c’est une façon de me retrouver. Me retrouver dans ma qualité d’être humain, mon être de parent. Repenser mes aspirations. Ajuster mes chemins. Travailler sur Soi pour vous accompagner chaque demain qui viendra.

Je vous le dis souvent, être votre maman est ce qui m’est arrivé de meilleur dans ma vie. J’en suis heureuse, être votre mère me comble de joie. Je ne suis pas parfaite, vous le savez, nous échangeons parfois sur ce sujet n’est-ce pas ? Gardez dans votre grand cœur cette capacité de comprendre l’autre et de lui pardonner quand il ne se montre pas à sa plus grande hauteur. Préservez votre capacité à aimer et à ensoleiller le monde, même les jours de pluie où il peut faire tout gris. Je n’attends pas de vous que vous soyez ce que je ne suis pas ou ce que je suis. Soyez ce que vous devez être et ce que vous aspirez à être au cours de votre vie. Votre chemin vous appartient.

Je vous aime, chacune, pour ce que vous êtes. Vos forces sont différentes et chacune aura son chemin à faire. Souvenez-vous de ce que je vous offre de meilleur. Mon amour pour vous est l’amour d’une mère, l’amour de la Terre, l’amour de l’Univers. Croyez même si vous ne voyez pas. Croyez votre cœur. Soyez le bonheur.

Souvenez-vous de nos histoires partagées le soir. Celles qui content le monde, la vie et l’amour. Souvenez-vous que vous m’avez redonné le courage d’aller chercher la joie dans la vie, celle qui vibre maintenant en moi. Si vous l’avez fait pour moi, sachez que vous pouvez le faire pour le monde entier, pour chaque personne que vous rencontrerez. Ne perdez pas vos forces ou votre temps.

Mon souhait est que vous ne perdiez pas autant de temps que moi dans des errances et des souffrances inutiles. Je fais tout le travail possible pour nettoyer et libérer tout ce qui doit l’être dans votre lignée maternelle. Vous devrez certainement poursuivre ce travail transgénérationnel. Pour votre bien, celui de vos enfants, de notre lignée, mais aussi du monde.

J’ai semé, comme je pouvais, avec mon intention, mon cœur, et pas toujours comme il fallait, des graines pour éclairer votre chemin. Celui que vous ferez quand vous me lâcherez la main. Vous êtes les enfants du monde, les grands de demain. Vous avez une responsabilité comme tout à chacun. Un jour, il faudra la comprendre et faire, à votre tour, de votre mieux. L’histoire de la vie d’un être humain est simplement de faire de son mieux. Souvenez-vous que lorsque vous avez la sensation d’avoir échoué, de ne pas avoir été à la hauteur, ce n’est pas grave, il y a probablement eu pire déjà dans ce monde. C’est ainsi. Le monde ne repose pas sur vos épaules seules. Il repose sur toute l’humanité que nous sommes, ensemble. Nous sommes 7 milliards d’êtres humains. ça fait du monde pour œuvrer au meilleur.

Soyez juste le meilleur de vous-même, aimez-vous comme mon amour vous nourrit depuis votre naissance. Pardonnez mon impatience, ma dureté et mes jugements. Nous avons traversé des marrées ensemble. Vous ne vous en souviendrez peut-être pas dans votre conscience, mais votre être sait. Faites un travail de pardon pour vous libérer de ce que je n’ai pu vous protéger, y compris parfois de moi-même.

Entourez-vous des meilleures personnes qui soit pour vous. Apprenez et avancez. Vous êtes maître de votre vie. Cheminez et continuez d’apprendre. Œuvrez avec vos forces d’amour et de sagesse, avec votre lumière du cœur, à la protection de la vie, de la Terre, de l’Humanité. Dansez, riez, jouez, aimez. Soyez insouciantes et légères car il ne sert à rien de s’en rajouter.

Soignez et guérissez vos propres blessures, celles que vous êtes venues explorez et guérir. J’ai essayé de vous guider avec respect et tendresse. Devenez vos guides et les guides d’autres qui en auront besoin. Mais souvenez-vous que chacun est responsable de sa vie, de son chemin, de ses choix. Il nous faut tous assumer qui nous avons été et qui nous sommes.

Si un malheur vous arrive, encaissez puis transformez. Il y a du bon en toute chose. Seulement le temps de la vie n’est pas toujours notre temps à nous. Il faut parfois très longtemps avant de s’en apercevoir.

Je serai là, quelque part, même si je ne sais encore où, pour veiller sur vous, ou d’autres le feront. Car vous faites parties de l’humanité. Elle veillera sur vous comme vous veillerez sur elle. Nous sommes une famille. Tous frères et sœurs. Tous parents. Nous sommes toujours, à chaque pas, accompagnés.

Je vous aime infiniment, en vous et grâce à vous, je contemple le potentiel du monde.

Maman.

Eryn et Maëlys :
votre première rencontre.

P.S : Certainement que l’on vous dira parfois que c’est impossible… n’y croyez pas. Nous créons le monde. Des générations, avant vous, l’ont créé tel que vous le connaissez, des générations peuvent le créer autrement.

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