En-quête de pouvoir

Avez-vous remarqué qu’au gré de nos expériences de vie, notre regard sur telle chose ou tel sujet change ? Il se modifie, il évolue, il s’ajuste et s’adapte. Nous sommes, en tant qu’être humain, des êtres en mouvement. Des êtres grandissant. Des êtres d’évolution. Nous avons tendance à croire ou nous faire croire que nous grandissons uniquement durant notre enfance. A l’adolescence, nous appelons ça « murir ». comme si soudain nous étions des tomates sous serre, observés chaque jour pour voir si l’on murit bien.

Et les adultes alors ? Que se passe-t-il à l’âge adulte ?

Une fois adulte, on vieillit. Et bien moi, je veux vieillir en grandissant et murissant. 😉

Enfant, je croyais que l’adulte savait. Qu’une fois adulte, tout serait différent pour moi. Je saurais. Je saurais quoi faire en toute circonstance et donc je pourrai améliorer le monde. Je pourrais le sauver. Je pourrais empêcher les êtres vivants de souffrir. Je n’étais pas sûr de pouvoir empêcher la mort certes…je me doutais bien qu’un truc clocherait à ce niveau là mais je m’attendais vraiment à savoir et à pouvoir. L’être adulte, pour moi, était un être de savoir et de pouvoir.

Pendant longtemps, grandissant en âge, murissant en couleurs de vie, j’ai attendu l’âge suivant. Je me disais « bon, visiblement je ne suis pas encore assez grande pour être adulte, je vais y arriver ». J’attendais et je m’évertuais à devenir adulte, cet être tant recherché en moi, sachant et pouvant. J’ai beaucoup appris, lu, cherché, j’ai engrangé des connaissances, mis au boulot mon intellect, je pensais que le pouvoir viendrait avec le savoir. Alors je me suis passionnée pour le savoir humain. Le savoir sur l’humain. Les Sciences Humaines et Sociales. Plus j’en savais, plus j’apprenais, plus je croyais arriver quelque part. Qu’à un moment, je pourrais.

A quoi me servirait le pouvoir ? Que voulais-je pouvoir ?

Je voulais pouvoir changer les choses. Changer le monde. Tout changer si nécessaire. Je voulais pouvoir faire une différence. Je voulais aussi pouvoir ne plus souffrir. Et ne plus voir souffrir. Être en souffrance, c’est déjà une chose éprouvante. Mais voir les autres autour de soi souffrir, c’est également une chose éprouvante. Alors, pour moi, à chaque âge de ma vie, ça a fait beaucoup, vraiment beaucoup trop de souffrances. J’aspirais donc à atteindre un niveau de pouvoir pour arrêter ces souffrances. J’ai toujours trouvé incompréhensible les états de pauvreté, de maltraitance, de guerres…

Comprenez-moi. Je peux comprendre la douleur et la peine créées par la maladie ou par la mort. Perdre un être aimé. Les souffrances de vie créées par des accidents. Cela fait parti de la vie tout comme la mort. Certaines souffrances sont inhérentes à la vie et à la mort.

Mais, il existe des souffrances d’un autre type. Celles que nous créons. Nous, êtres humains, nous créons de la souffrance pour la Terre, pour les êtres vivants, et pour d’autres êtres humains. Nous avons le pouvoir de créer de la souffrance en nous et autour de nous. Nous avons le pouvoir de faire mal et de mettre à mal, de faire souffrir autrui. Et nous utilisons plutôt efficacement ce pouvoir depuis ce qui me semble des tonnes d’années.

Il m’a alors semblé plausible de croire que si nous avions le pouvoir de créer ce qui fait mal et met à mal, nous pouvions créer ce qui fait du bien et crée du bien. Trouvez-vous cela hors de raison ? Est-ce illogique ?

Nous créons les guerres qui créent de la destruction, des pertes en vie, des séquelles physiques, affectives et psychiques. Nous détruisons maisons et tout ce qui abrite la vie. Nous créons de la violence en tapant, cassant, criant. Nous créons des souffrances en n’écoutant pas, en n’entendant pas, et le pire ou le plus ironique, c’est que nos propres souffrances peuvent créer d’autres souffrances. C’est la communication des souffrances ! Et je voyais, dans mon enfance, que ça semblait convenir à tout le monde. Ok, je voyais un homme qui s’appelait Balavoine qui amenait à manger dans un pays où on ne mangeait pas à sa faim ou un autre qui s’appelait Coluche qui n’avait pas l’air content tout en faisant des blagues. D’ailleurs, j’avais du mal à comprendre ça…j’me disais « il veut nous faire rire ou nous faire pleurer ? ». Alors, je vous le dis…petite, Coluche ne m’a jamais fait rire. Je regardais la télévision, je regardais mon père, de nouveau la télévision et je restais perplexe. Quoi qu’il en soit, je me souviens qu’ils sont morts tous les deux dans des accidents assez impressionnants. C’est quoi le message de la vie ? Si tu veux exercer ton pouvoir de vie en ce monde, prépare-toi à mourir de manière tragique ?

Ou, tenez, prenons Mandela ! Nan mais je rêve… Ok, il a vécu longtemps, il est un exemple, une icône peut-être. Un symbole. Et le miroir qui nous renvoie le reflet de comment ça se passe lorsque nous voulons prendre et utiliser notre pouvoir d’agir pour le bien de tous. Honnêtement, je n’ai jamais compris ça. Pourquoi l’on choisissait toujours le pire choix, la pire version de nous-même, comment c’était juste possible d’en être là ?!

Le pouvoir…

Le savoir ne m’a donné aucun pouvoir.

Vous savez où j’ai fini par réaliser où est mon pouvoir ? Toutes ces années, il a toujours été au même endroit, à la même place, dans le même espace. On ne m’a jamais donné aucun pouvoir. Je n’ai jamais demandé d’ailleurs aucun pouvoir. J’ai demandé à ce que l’on change le monde, en ne créant plus les souffrances inutiles, celles créées par l’Homme. Pendant longtemps, je me suis placée du côté de ceux et celles qui dédient leur vie à panser les blessures causées par ce type de souffrance. Celles causées par l’Humain. J’étais une humaine parmi d’autres qui mettait sa vie, son énergie, son temps, sa foi, sa force, sa conviction, sa voix à être un pansement pour l’Humanité. Or, un jour, j’ai chuté. De ma foi. De ma conviction. Ma force s’est vidée. Tout ou presque s’est éteint en moi. La guerrière a lâché les armes, blessée. L’infirmière s’est assise et a pleuré au milieu des champs de bataille où tout n’était que ruines, le cœur en sang, les mains inutiles. L’amoureuse a déchiré en miettes ses poèmes et a craché son dégout sur les mots mensongers. Un jour, ma vie s’est juste crashée. Abattue. Des ampoules au cœur et des plaies ouvertes à l’être. Je n’étais qu’un pansement. Je pensais beaucoup à cette époque. Mettre en sens était une obsession. Vraiment, demandez à mes proches. Ma survie dépendait de ma capacité à penser et à mettre en sens. Alors, je pensais tout, dans les moindres recoins, chaque détail passait à la machine du sens. Je fabriquais du sens pour tout et tous. Chaque sens est devenu un petit pansement de plus. Une justification. On pouvait souffrir puisque l’on pouvait soigner. D’autres pouvaient créer ces souffrances, engendrer des blessures, puisque certains, comme moi, savaient panser et raconter des histoires qui donnaient un sens à une Histoire, plus vaste, plus large, plus grande que Soi, qui nous dépassait tous.

Le jour où j’ai vu les choses de cette façon, j’ai abandonné ma place. J’ai quitté la scène. Tout et tous ceux qui me semblaient participer à ce scénario, je les rejetai. Croyez-moi, ça fait du monde. Je suis restée, longtemps, là,  blessée, désarmée, au milieu des limbes, à flotter, à errer, à regarder de loin. Le pouvoir de changer les choses n’existait pas… J’avais perdu cette croyance, cette idée qui était le fil conducteur de ma vie. Je n’avais plus aucun pouvoir d’aider et de faire une différence. Ce que j’avais cru être un pouvoir n’était qu’une fumée, qu’un pansement pour moi-même, une illusion d’être du bon côté lorsqu’en fait, si vous êtes d’un côté c’est que vous faites parti du jeu, que vous êtes un adversaire, que vous alimentez  les forces contre lesquelles vous cherchez à lutter. J’avais perdu et je me sentais totalement perdue moi-même.

Est alors apparu en moi, un ami cher. Quelque chose dont je n’avais pris conscience…mon ami, mon instinct de survie. Il m’a permis de juste survivre, le temps qu’il faudrait avant de renaître. Il m’a tenu là, alimenté, veillé, jusqu’à ce que je puisse renaître au monde, au sens, à la croyance, jusqu’à ce que je me remette en marche, en route, en course.

Aujourd’hui, là, tout de suite, je suis là. Avec vous. Avec chacun. Je crois. Je sais. Je sens. Je vis. Je suis là, et au delà. Je suis gratitude. Je suis amour. Je suis aussi sagesse. Et expérience. Je suis vie. Je suis mère. Je suis conteuse. Celle, qui raconte, témoigne, fait voyager, transmet, espère, et combat.

Le pouvoir ? Je l’ai enfin trouvé. Je sais maintenant où est mon pouvoir. Je sais où est ma puissance. Je sais où ils ont toujours été. Leur maison. Leur horizon. Leur source, unique. Intarissable.

Et je sais, aujourd’hui, que c’est partagé. Que je ne suis pas seule. Que cette source vaut pour tout le monde, pour chaque être humain, pour toute l’humanité, pour tous les êtres vivants.

Cette source, elle est en nous.

En chacun, et en tous. Cette source, c’est notre cœur.

Là où commence et finit notre vie sur Terre. Celui qui nous accompagne à chaque instant de notre vie, que nous soyons conscient ou non, il est là. Il bat. Il vit. Il rythme. Il scande. Il anime. Il véhicule. Sur le plan physique, le cœur est indispensable à notre vie. Sur le plan affectif ou même psychique, le cœur est encore indispensable à notre vie.

Notre pouvoir, personne ne peut le posséder. Personne ne peut le voler. Personne ne peut le prendre à notre place.

Nous sommes ROI et REINE de notre Pouvoir.

Nous sommes le Pouvoir du Cœur.

C’est par le cœur que nous sommes puissants et infinis.

C’est par le cœur que nous changeons le monde.

C’est par le cœur que nous nous changeons nous-mêmes.

C’est par le cœur que nous ne blessons plus inutilement. Et c’est par le cœur que nous guérissons vraiment.

Il n’y a pas de pansement dans le cœur car le cœur est guérison.

Avec Cœur,

Corinne D.

Cadeau ! Quelques mots pour remettre de l’ordre dans un monde parfois en chaos. 😉

Livraison d’une citation au pouvoir magique que je répète comme un mantra dans les moments où j’ai l’impression que le monde pagaie à contre-courant. Cela me recentre et m’aide à retrouver mon propre cap, le sens de ce que j’ai choisi et désire profondément nourrir dans mes actes et mes paroles, ce que je veux exprimer et incarner. Ce qui selon moi sert le monde.

 » Quand le pouvoir de l’Amour l’emporte sur l’amour du pouvoir, alors le monde connait la paix« . Jimmy Hendrix.

😀