Comment gérer le regard des autres lorsque nous sommes une personne plurielle ?

Bonjour !

Aujourd’hui, je suis heureuse de vous présenter un texte sur le thème « Comment gérer le regard des autres ?« , que j’écris dans le cadre du premier événement inter-blogueurs qu’organise mon amie Sarah Leblanc pour son blog : https://multipassionnes-epanouis.com/ C’est un blog qui accompagne les personnes plurielles et multipassionnées à se construire une vie épanouie qui leur permet d’être TOUT ce qu’elles veulent être. J’ai particulièrement aimé ce que propose Sarah pour pouvoir choisir parmi tout ce que l’on aime potentiellement faire. Je vous invite à découvrir ces précieux conseils par vous-mêmes en lisant son article : https://multipassionnes-epanouis.com/quel-est-ce-truc-qui-maide-a-passer-a-laction-vers-ce-que-je-veux-et-a-choisir-entre-tout-ce-que-je-veux/

C’est grâce à Sarah que j’ai découvert cette dénomination anglosaxonne : la multipotentialité. Dès que j’ai commencé à m’exprimer, je me suis sentie « trop ». Soit je le percevais par le regard et l’expression de l’autre, soit on me le disait directement par ce mot : « trop ». Etrangement, cela a développé un sentiment intérieur de ne pas être « assez » puisque pas comme « il faut », jamais comme « il faudrait ». C’est très long d’apprendre à reconnaître par soi-même qui l’on est, en SOI. Cet intérieur qui n’appartient qu’à nous. Cette vie intérieure qui se compose de notre mental, nos émotions, nos perceptions, nos sensations, nos sentiments, qui se tissent de nos vécus, dans laquelle se sèment malgré nous, durant notre enfance, notre adolescence et parfois encore pendant notre jeunesse, les idées des autres sur nous.

Apprendre à différencier ce qui appartient à l’autre de ce qui m’appartient

Une des questions que je me suis, à de nombreuses reprises, posée pour me retrouver, bien que parfois difficile, est de me demander si ce que je pense de moi vient véritablement de moi. Si cela est juste, authentique, si cette idée, ce regard intérieur que je porte sur mon être résonne telle une vérité ou me plombe mon énergie pour la journée.

En étant potentiellement « trop » empathique, « trop » sensible, « trop » à l’écoute des autres, « trop » intellectuel aussi (oui oui j’y ai eu le droit à l’école), « trop » dans l’émotion… l’autre a eu tendance, malgré lui parfois, a prendre une place démesurée dans ma propre vie.

Dès lors, j’ai dû démêler ce qui lui appartenait de ce qui m’appartenait vraiment. Différencier son regard du mien, ses blessures des miennes. Identifier ses projections tout en identifiant mes attentes. Pour finalement finir par me désidentifier de son regard. Je ne suis pas ce que pense l’autre de moi. Tout comme je ne suis pas ce que l’on dit de moi, ou parfois même je ne suis pas ce que je pense de moi.

Par exemple, aujourd’hui, certaines personnes de mon entourage me voient comme une personne extravertie tandis qu’intérieurement, je me voyais comme une personne timide. Parce que timide je l’ai été presque toute ma vie. Mais le suis-je encore ? La plupart du temps, non. Et certainement pas avec ces personnes là. Alors, comment s’y retrouver entre soi et l’autre ?!

Cette dissonance entre leur façon de me voir et ma façon de me voir a créé un léger conflit intérieur, vous imaginez bien. J’ai dû me visiter, encore une fois, chercher la vérité en moi. Qu’étais-je aujourd’hui ? Que disait ma vie, aujourd’hui ? Quelle était cette personne que je ne reconnaissais pas dans le regard de l’autre ? Ce regard de l’autre qui m’a confronté à celle que je suis aujourd’hui, m’a permis de procéder à une mise à jour de mon propre regard sur moi. Je ne suis certes plus une personne timide. J’ai voulu ne plus l’être, cela représente des années et des années de travail sur soi, de cheminement et d’expériences pour arriver à ce moment. Alors, ce fut une arrivée pour un nouveau départ. Maintenant, je peux cheminer encore plus loin, différemment. J’ai réussi cela, j’en savoure le résultat, et j’en prends pleinement conscience. Aussi, le regard de l’autre peut se révéler tout autant constructif, comme élément participant à notre évolution et notre prise de conscience de notre évolution , que comme limitant dans certains cas. Situation que j’ai également vécu nombre de fois.

Peut-être pouvons-nous nous interroger sur comment nous regardons-nous même les autres ? Qu’attendons-nous véritablement du regard de l’autre ?

Dans mon parcours, différencier ce qui m’appartient de ce qui appartient aux autres, a été un processus important pour construire mon équilibre de vie. J’ai toujours eu une manière d’être au monde particulière, qui parfois n’est pas dans la norme, dans ce qui est attendue. Cela peu amusé ou inquiété. Vous savez, tous ont eu en partie raison. Je suis une personne qui résonne (ou raisonne) en l’autre. J’ai compris, au fil du temps, que chacun est libre d’y réagir comme il le peut. Cela ne m’appartient pas. Mais moi, jusqu’à il n’y a vraiment pas très longtemps, je confondais agir par bonté et compassion, exprimer l’amour que je ressens pour chacun et le monde, et agir de façon à être accepté, toléré voire aimé par l’autre.

Nous avons donc, tout à chacun, un profond travail intérieur de transformation de soi à effectuer. Le regard de l’autre n’est ni bon ni mauvais. Je pense qu’il nous conduit à des expériences de vie qui viennent nous aider, si on les accepte comme telles, à notre évolution. Comme toute chose dans la vie, ce qui compte au final, c’est ce que nous faisons de ce regard que l’autre porte sur nous. Le laissons-nous nous définir ? Nous limiter ? Nous aimer ?

S‘aimer Soi indépendamment de l’autre pour se détacher affectivement de son regard

De plus en plus, notamment dans le développement personnel, nous entendons dire qu’il faut d’abord s’aimer soi. Pour ma part, au début, ça m’a clairement gonflée. Gonflée d’agacement, de découragement, de sentiment d’impuissance. Oui, je rejetais cette idée car comment s’aimer Soi quand on ne s’aime pas depuis si longtemps que nous n’avons jamais appris à le faire, que nous ne comprenons même pas de quoi il s’agit et qu’en plus vu que nous n’avons pas les bases en la matière, tout est fabriqué de travers à l’intérieur de Soi. Hein ? Comment fait-on ? Et bien, comme pour toute chose dans la vie de l’être humain, quand on ne sait pas, on doit apprendre. Et pour apprendre, on doit s’informer, se former, chercher jusqu’à trouver. Puis lorsqu’on pense avoir les bonnes leçons à disposition, il faut encore s’entrainer jusqu’à l’acquisition. Comment sait-on que nous avons acquis la leçon, ce nouvel apprentissage, une nouvelle compétence ? Lorsque nous pouvons la transmettre et la partager avec autrui. Lorsque nous pouvons regarder les autres personnes avec lesquelles nous voyageons dans notre vie, leur dire que nous les aimons, avec cette sincérité du cœur, cette clairvoyance du regard, qui transmettent un message d’amour, non pas dans la co-dépendance, non pas pour avoir un reflet d’amour vers soi comme le ferait un miroir, c’est à dire non pas pour aller chercher l’amour de soi en l’autre, mais pour transmettre et partager l’amour que nous avons appris à reconnaître et à nourrir en Soi. L’offrir tel un cadeau, un don est une chose différente de donner pour recevoir. Pour ma part, je ne savais pas recevoir l’amour. Pire, j’en avais peur. J’ai aimé et été beaucoup aimé. Mais ma capacité de réception était fortement limitée. Être aimé pouvait même m’indisposer, cela pouvait me faire éprouver de la colère. Il est parfois tout aussi délicat de faire avec le regard d’amour de l’autre quand on ne sait pas quoi en faire. Le regard de l’autre n’est pas qu’une affaire de jugement, de négatif ou de limitation de Soi. Il est ce qui nous renvoie à nous-même d’une façon ou d’une autre. Nous ne pouvons pas nous en dégager totalement car il a aussi le potentiel de nous faire bouger, de nous faire grandir, de nous inviter dans notre intérieur pour nous explorer nous-même. Toutefois, s’il nous gêne, s’il nous limite, s’il nous entrave dans l’expression de qui nous sommes ou ce que nous aspirons réellement, alors c’est que nous avons un travail personnel à faire, des peurs à braver, du courage à alimenter, de l’amour à nourrir. La question devient alors : « En quoi le regard de l’autre me dérange-t-il ? ». Si le regard de l’autre me dérange alors c’est qu’il vient toucher quelque chose en moi que je dois voir, reconnaître, accueillir, mettre au travail ou en sens. Si c’est réglé en moi, alors quel pouvoir aurait un regard extérieur sur moi ? Le seul pouvoir de ce regard que nous trouvons dérangeant et duquel nous souhaiterions tant nous libérer est de venir mettre en lumière nos zones non éclairées ou celles que nous ne voulons pas voir en nous. Pour ma part, c’est l’amour que je ne voulais pas voir et qu’on regardait en moi, que l’on voyait et que l’on me renvoyait, quand moi je me vivais autrement intérieurement. En acceptant l’amour qui est en moi, ce regard que l’on me renvoie ne me gêne plus. Quand plus jeune, l’on ma regardé comme une personne qui n’avait pas beaucoup de valeur, qui n’arriverait pas à être ce qu’elle voulait, cela m’a certes un peu plombé et semé de la grisaille intérieure, mais à l’époque, j’étais peu sûre de moi et ne croyait pas en moi. J’étais emplie de peurs. Les autres le voyaient et certains en profitaient pour être un miroir de ce qui m’habitait en partie. On peut devenir tout ce que l’on souhaite mais pas sans travail sur soi. Pas sans prendre ses responsabilités sur ce que l’on est, sur notre manière d’être et de vivre en ce monde.

Pour apprendre à m’aimer, j’ai lutté. Cela ne s’est pas fait sans obstacles. J’étais à la fois celle qui mets les barrières et celle qui les dépasse. Il m’a fallu changer plusieurs fois d’environnement. C’est toujours plus difficile d’arrêter de fumer entouré de fumeurs à longueur de temps. Quand j’ai arrêté de fumer, j’ai littéralement changé ma vie. J’ai changé de réseau, de travail, d’habitudes. J’ai fait ce qui était nécessaire pour moi pour arrêter de fumer. Pour m’aimer, j’ai fait pareil en quelques sortes. Au départ, sans savoir que ces choix m’amènerait à m’aimer. Mais, lorsque nous avons conscience qu’un environnement n’est pas bon pour nous, que des relations ne sont pas épanouissantes pour Soi, et bien, il faut accepter de changer. Aussi, quand le regard que nous portons sur nous-mêmes n’est pas bon pour nous, il faut œuvrer à le faire évoluer de telle manière qu’il le devienne.

Comment je me regarde ?

Une personne plurielle, multipassionnée et j’ajouterai multipassionnante (oui, semez cette idée en vous d’être potentiellement multipassionnant pour les autres), possède la richesse de pouvoir colorer le monde de multiples manières. Certes, une personne plurielle peut se sentir dérangeante. On peut lui faire sentir qu’elle n’a pas sa place, qu’elle n’est pas à sa place, dans telle entreprise par exemple. En effet, j’ai une vie professionnelle qui peut se lire et se raconter de plusieurs façons. Une personne en recherche ou une personne instable. Une personne riche d’expériences et donc enrichissante pour une équipe ou un personne chaotique, ingérable dans une équipe. Pour être honnête, je ne me suis jamais sentie à ma place dans une entreprise humaine. Pour autant, aujourd’hui, je me sens ÊTRE tout simplement dans ce monde. Peu importe ce que je fais. J’ai épuisé mon énergie à croire qu’il fallait trouver une façon de vivre sa vie, un métier précis, un travail dans lequel pouvoir rester des années, un conjoint pour une vie, une même maison pour une vie…construire, s’établir, se définir. Je me suis épuisée, et me suis sentie si lasse, si fatiguée, durant des années de vie à me chercher, à me définir, pour pouvoir correspondre à ce que je croyais qu’on attendait de moi, dans ce pays, dans mon genre, dans ma vie relationnelle, dans ma vie de maman, dans tout en fait. Pour au final…me sentir voler et presque violée de moi-même. Car tout cela est une violence envers Soi. Ma pluralité est une richesse pour chacun, et pour ce monde. Mes multiples passions sont un enrichissement permanent, un élan que je nourris, que j’accepte et que je partage avec ceux qui le veulent et le peuvent. Je me suis fait une promesse. Celle de ne plus me limiter pour convenir à d’autres. Et c’est par là, que je me suis choisis, que l’expression de l’être que je suis a commencé. J’ai pu me trouver, me rencontrer, apprendre à me connaitre et me reconnaitre véritablement. J’ai rencontré de nouvelles personnes. Qui m’aiment autrement, d’une façon que je ne connaissais pas. Qui sont restées et n’ont même pas bronché lorsque prise par mes habitudes antérieures, j’ai réagi vivement en disant « oh tout le monde dehors c’est quoi ce délire ?!« . Là encore, ce fut une étape importante qui m’a permis de me regarder. Comment vous parlez-vous à vous-même, de vous et avec vous ? Mon dialogue intérieur a pris une autre dimension. Pour gagner en vérité, en intégrité, et authenticité. C’est là, depuis quelque jours, que j’ai commencé à m’aimer. Pour de vrai disons. Pas juste en me disant « ouai ouai je m’aime« . Non, j’ai semé de la compassion sur mes erreurs et du pardon sur mes chaos. J’ai mis de l’amour sur mes blessures et de la joie sur mes relations. Je me visualise comme un soleil s’il le faut pour qu’à l’intérieur, il fasse chaud. J’ai eu tellement froid dans ma vie mais comment se rejeter soi ou sortir de ce monde ? C’est impossible. Aussi, il faut apprendre à y vivre, repérer ce dont nous avons besoin pour y vivre bien, pour s’y sentir mieux, trouver avec quel genre de personnes on a envie d’y vivre et ainsi de suite.

Je vous invite à vous regarder dans vos ombres comme dans vos lumières. S’il vous semble avoir beaucoup d’ombre, apprenez à nourrir votre lumière. Si vous avez peur de vos ombres, relativisez-les et mettez-y de la douceur. Si vous avez peur de votre propre lumière (oui oui…parfois c’est ce qui est beau qui fait peur parce qu’on en a pas l’habitude), patience…patience…et encore patience. Laissez-la être en vous, comme autour de vous. Elle va vous apprivoiser tel un petit renard égaré. Nourrissez-vous d’affirmations positives. Même si au début, vous trouvez cela ridicule, même si les mots coincent dans votre gorge, forcez-vous à vous les dire. Les mots vont prendre sens. Ils vont devenir plus facile à prononcer, à entendre, à recevoir. Laissez simplement leur magie opérer. C’est parfois un combat intérieur qu’il faut mener. Les autres ne le voient pas tout comme certains seront sensibles à vos ombres et d’autres à votre lumière.

Mais faut-il qu’une chose soit visible à tous pour être et exister ?

Enfin…se réconcilier avec soi pour se réconcilier avec l’autre

Le lien à l’autre est potentiellement un vrai mic-mac. Nécessaire dès notre naissance pour survivre, vivre et grandir en tant qu’être humain. Et parfois, diabolisé, craint, limitant et peu épanouissant. Nous sommes tous liés et reliés et pourtant parfois nous nous sentons si seul et isolé. Nous nous aimons et pourtant si souvent nous ressentons que ce n’est pas de la meilleure des façons. Le lien à l’autre, avec l’autre, est une source possible à notre épanouissement, comme des cours d’eau, ruisseaux, rivières, fleuves, qui nous emmènent en périple, en quête, en voyage. Nous nous découvrons au fil des rencontres et nous renaissons au fil des relations. Nous guérissons aussi nos blessures par le regard bienveillant, le regard qui vous laissera libre d’être, d’expérimenter votre être tel que cela vient à vous. Tout cela, m’a menée, petit à petit, et pas toujours en douceur, à ressentir la paix. Intérieurement, mais aussi dans des relations partagées. Dans des regards sans souffrances, sans attentes. Grâce à des regards d’amour, j’ai découvert le calme et la paix. Le conflit s’éteint et l’on peut se regarder à cœurs ouverts. Le regard devient alors une connexion à part entière dans laquelle nous pouvons voir plus loin et oser plus, car il n’y a plus de méfiance, nous voilà au pays de la confiance.

Voilà qui je suis en tant qu’être humain. Oui, je suis plurielle. Le monde et la vie le sont aussi. Je suis vivante, animée par cette pluralité que je vois comme des couleurs de vie. Elles ne menacent personne. J’apprends à m’en servir afin que ce que j’ai cru être un tort et un mal soit chaque jour une source de créativité, de lumière et de joie.

En regardant ma propre pluralité comme une source intarissable de possibilités à créer pour le monde et une joie à mettre au service de la vie, je nourris l’amour en moi tout autant que ma confiance en la vie.

Je crois être juste ce que je dois être pour me conduire là où je dois aller. J’éprouve aujourd’hui une infinie gratitude d’avoir cette richesse d’ÊTRE. Je suis passionnée par l’Être, le vivant, la vie.

C’est en changeant mon regard sur l’autre que j’ai également changé mon regard sur moi. Tout se tisse simultanément car nous nous répondons tels des échos, les uns les autres.

En regardant l’autre, qu’est-ce que je nourris en lui ? En moi ?

En me laissant regarder par l’autre, qu’est-ce qui se révèle à moi ?

En acceptant de porter mon attention sur comment je me regarde, alors je découvre de quoi est parsemé mon jardin intérieur et je peux me mettre au travail.

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