Cœur de Koan

Cœur de Koan…de quoi s’agit-il ?

Un KOAN est une phrase courte le plus souvent illogique utilisée, en méditation, par certains maîtres avec leurs disciples dans la tradition ZEN ou certaines traditions bouddhistes.

Vous voulez une démonstration ? Une petite illustration ?

La voici :

Hakuin Zenji demanda à son disciple : « Lorsqu’on frappe dans ses mains, cela produit un son. Quel est le son d’une seule main ? ».

Moi, les Koan me font beaucoup rire. Ils créent la perplexité, surprennent l’esprit et le mettent en déroute. Hors-sens. Hors-logique. Hors-voies de la raison. Ils court-circuitent le mental ce qui permet parfois d’accéder à l’état de Satori, à l’éveil. Ils mettent en évidence l’absurdité, l’illusion que l’on se crée pour toute chose. Ils ont pour vocation à aider, à éclairer, à ouvrir d’autres voies, d’autres possibles à l’esprit, au tout, à l’Être, à dés-enfermer pour libérer. Il y en a un qui dit quelque chose comme « une fois monté tout en haut de la montagne, continues de monter« . Absurde car il n’y a plus de chemin. Nous sommes donc obligés, contraints de prendre celui de la liberté. Tada !

Pourquoi donner ce nom « Cœur de Koan » à ce site ?

Ce nom m’ait venu il y a des années, au cours de ma vie de Kyudojin.

A l’époque, j’étais une succession de Koan à moi toute seule. Intérieurement, j’étais le royaume des combats, des oppositions, des dualités, des questions. En quête et plongée dans l’absurde et l’impossible réponse. Car ma question vitale était toujours hors de portée. Hors mes sens. Hors ma raison. Au delà de mes pensées. Alors, tandis que mon Senseï, bien patient et bien conscient, me laissait cheminer et explorer, et aussi je dois dire lire toute sa bibliothèque de langue française sur les arts martiaux, le Bushido, le zen…je découvris qu’aucune réponse ne me satisfaisait jamais. Ce que je lisais, bien que passionnant, n’était jamais suffisant. Jamais. J’avais soif. J’avais faim. Je voulais sentir. Je voulais saisir. Je voulais tenir. Comprendre. Savoir. Aller et être au delà. Quelque part plus loin, plus haut. Et je m’en rendis compte qu’il n’y avait rien à trouver dans mes complexités. Je m’imaginais alors assise, au cœur de mes Koan. Je me sentais, dans cette période de ma vie,  comme un Koan. Une absurdité. Un illogisme. Quelque chose qui ne peut ni prendre sens ni vraiment être. Mais entre les deux pôles d’un Koan, j’imaginais un Cœur, une place. Si je me tenais là, alors peut-être tout deviendrait calme. Peut-être entendrai-je alors le silence. Et peut-être saurai-je enfin l’essentiel, quelque chose qui n’est pas tout à fait de ce monde et qui pourtant en est son essence.

Cœur de Koan, c’est un peu moi, là où je voudrais être. Là, où parfois je me sens chez moi. Là, où je n’ai plus à chercher quoi que ce soit, ni à faire, ni à produire, ni  à être. C’est là, au cœur…que tout se résous. Que tout es. Et j’entends déjà le silence, l’effacement de tout ce qu’on croit nous séparer.

Cœur de Koan, c’est de l’Amour, sans case, sans frontière, sans descriptif, sans règles, sans commande.

Cœur de Koan, ce sont des textes, des écrits, des réflexions, des témoignages, des partages d’expériences de vie, des émotions, des transformations, des mots dans tous les sens, des histoires d’êtres humains. Des histoires du vivant. Des mots de vie et peut-être de mort aussi. Et de l’espoir…

Chaque texte se veut comme une transformation. Des mots comme radeau pour passer d’une rive à une autre. Ils se veulent relecture d’une expérience ou puissance de vie d’une rencontre. Ils sont l’intégration et la diffusion. L’inspiration et l’action. La contemplation et le changement. Ils sont quêtes et parfois bêtes. Ils sont chouettes et parfois ils permettent de créer une petite brèche dans un mur qui n’a plus à être.

Avec Amour (et quand même un peu d’interrogation),

Corinne D.

Voyage à Taipei – Février 2011

Parce que la vie nous réserve toujours de drôles de surprises…

Cadeau ! Je vous offre un Koan pour votre prochaine méditation.

Kôan 34 du Wumenguan

Nanquan : « L’esprit n’est pas le Boudha, la connaissance n’est pas la voie« .

Poème de Wumen

« Lorsque le ciel s’éclaircit, le soleil brille – Quand il pleut, la terre est humide- Du fond du cœur il dévoile tous ses secrets – Mais combien sont-ils capables de les saisir ?« 

Extraits de « L’art du kôan zen » de Taïkan Jyoji (Fondateur du Centre de la Falaise Verte – Ardèche – http://falaiseverte.org/le-centre/)

Le Kyudo
Claude Luzet Senseï 🙂

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